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Cap sur l'action

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Comment réussir à faire prendre le virage vert à sa municipalité? 10 trucs pour vous aider!

31 mars 2021 | Par Amélie Drainville
Cap sur l'action

Notre programme Cap sur l’action (anciennement Porteur d’espoir) récompense une personne âgée entre 14 et 30 ans pour ses précieux efforts et réalisations en lien avec l’environnement grâce à une bourse de 2 000$. Récipiendaire du prix en 2020, Amélie vous propose le récit d’une partie de ses actions concrètes pour l’environnement!


J’œuvre comme citoyenne engagée à l’échelle municipale depuis 2016. Forte plusieurs années d’expérience de lobbying, de travail et d’implication dans le milieu municipal, et en particulier avec le conseil et son administration, je pense être en mesure de vous dire, avec le plus de justesse possible, ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins à ce palier politique pour rendre plus efficaces vos actions pour faire virer au vert votre localité. Voici donc 10 trucs qui peuvent vous être utiles!

1) La taille de votre municipalité ne doit pas être un frein à votre engagement.

Évidemment, les plus grandes collectivités auront un plus grand impact si elles choisissent le chemin de l’ambition. Mais on a tous énormément de chemin à faire! Dans ma petite communauté de l’Île Dupas, une magnifique île au cœur du Lac-Saint-Pierre, nous ne sommes que 600 insulaires. Mais saviez-vous que la grande majorité des villages au Québec ont moins de 2000 habitants? Tous réunis, notre force est plus grande que l’on pense. Et les défis sont fort différents entre un petit village comme l’Île Dupas et une grande ville comme Laval ou une moyenne ville comme Joliette. Chez nous, on doit vivre avec de vieilles guerres de clocher (oui ça existe!), on a un petit budget, mais on a plein de choses à faire.
Que ce soit pour protéger des espèces d’oiseau ou de poisson en déclin, encourager le compostage, contrôler les espèces exotiques envahissantes, réduire l’empreinte écologique des événements publics… les défis sont infinis! L’environnement n’est même pas encore un sujet de discussion pour certains conseils! Pouvez-vous seulement le concevoir? Non. On ne peut pas. Et comme vous ne pouvez pas moralement supporter cet état de fait, vous n’avez pas le choix d’agir. Comment?

2) Regroupez des gens qui partagent vos valeurs et qui sont prêts à l’action.

Vous devez créer une communauté d’intérêts, développer des relations d’amitié avec vos concitoyennes, et apprendre à connaître les forces de chacune. Et après?
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3) Présentez-vous aux élections municipales!

Foncez! N’ayez pas peur! On ne peut plus attendre quatre ans de plus, il est déjà trop tard. Vous vous dites déjà que ça prend trop de temps, que vous n’avez pas les compétences… Moi je vous dis par expérience que c’est le moyen le plus efficace pour faire avancer vos idées progressistes et écologistes, que c’est un devoir moral que l’on a, que le temps sans humanité ne se comptera plus, que le peu de temps que vous pouvez y mettre sera déjà beaucoup plus gagnant que l’implication de façade des poteaux du statu quo, que vous sous-estimez vos capacités, qu’elles sont probablement plus élevée que celle de ceux qui ont le pouvoir actuellement, et que rien n’importe plus que ce que vous portez dans votre cœur comme valeur et comme idéaux, car juste ça, ça peut déplacer les montagnes. Alors, convaincue?
Je me souviens d’une anecdote… J’étais dans une activité de l’Institut du nouveau monde (INM) et plusieurs panélistes défilaient devant nous, comme Dominic Champagne, le député caquiste Samuel Poulin… Tous nous disaient de faire pression sur nos élus. Et pourquoi pas dire à cette belle jeunesse de prendre en mains son destin? Je me suis levée, j’ai pris le micro et j’ai posé la question. La salle a applaudi, mais j’étais quand même abasourdie de voir que c’était presque révolutionnaire ce que j’avançais…
Faites-le donc! Et si possible en équipe, vous allez voir que c’est beaucoup moins frustrant et que ça bouge vraiment plus vite quand nos collègues autour de la table partagent notre vision.

4) Créer un comité de mobilisation!

Informez-vous d’abord s’il n’en existe pas déjà un. Ensuite, réfléchissez à la forme que vous souhaitez prendre. Informez-vous du fonctionnement des comités issus de votre conseil municipal pour ne pas avoir de surprises. Le fonctionnement de ces comités est régi par la loi et des règlements de régie interne. Parfois, cela peut être contraignant, si par exemple la plus simple dépense comme l’achat de papier pour impression doit être votée par résolution par le conseil, ou s’il vous est difficile d’accéder au détail du budget de votre comité. Si c’est le cas chez vous, pensez à d’autres possibilités, comme un OSBL. Voici un tableau qui résume les avantages et les inconvénients des deux options.
Avantages

 
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*Le reste du texte fera référence essentiellement à un comité issu du conseil municipal, comme c’est l’expérience que je possède.

5) Trouvez des alliées

Que ce soit parmi les membres du conseil et/ou de l’administration, vous devez avoir des bonnes relayeuses pour vos messages. Cela vous évitera de faire face à des refus de la part du conseil.

6) Sortez votre créativité du placard!

Il ne faut surtout pas hésiter à faire des tempêtes d’idées pour imaginer des projets fous, grandioses, surréels! C’est ce qui vous stimulera à toujours aller de l’avant et à passer outre les tâches administratives moins emballantes ou les embûches.

7) Proposez à votre conseil des projets clés en main qui impliquent peu de fonds publics.

On connait la chanson: « ça va augmenter les taxes », « je ne vois pas ce que ça nous donnerait de faire ça », « ça va prendre trop de temps à l’administration »… Pour gagner la confiance du conseil, commencez avec des projets dont l’essentiel de la mise en œuvre sera effectué par des bénévoles et identifiez à l’avance des subventions dont pourrait bénéficier votre projet. Quand ça n’implique aucun engagement tout en donnant une belle image à la municipalité, c’est dur de s’y opposer.

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8) Mobilisez votre communauté et transférez les savoirs

On ne le dira jamais assez : éducation, conscientisation, pédagogie… Il faut passer par l’étape de la compréhension avant de susciter l’adhésion. Plus vous éveillez les esprits, plus votre comité pose des gestes marquants et reconnus comme bénéfiques et généreux par votre communauté, plus les participantes seront nombreuses à vos activités et plus la relève et la pérennité sera assurée!

9) Autre possibilité intéressante: créez votre propre emploi vert!

En 2016, convaincue que notre municipalité devait aller de l’avant avec le compostage, j’ai monté et présenté au conseil un projet d’emploi étudiant pour une Patrouille verte qui serait financé à 50 % par des subventions gouvernementales pour des emplois d’été… Et le projet a été accepté! Peu importe les enjeux qui vous préoccupent, montez un projet béton dont les résultats seraient utiles à votre municipalité et foncez! Nos localités doivent créer des emplois stimulants pour les jeunes et un plus grand nombre d’agents de sensibilisation en environnement ne serait pas de refus.

10) Finalement, armez-vous de patience…

Les institutions peuvent être lentes, mais les changements de mentalité le sont d’autant plus. Alors n’hésitez pas à cogner à plusieurs portes à la fois, à provoquer des débats et des prises de position, à faire des suivis régulièrement et à ébranler le statu quo!
J’ai confiance que vous ne perdrez plus une minute et que vous mettrez en action. Vous avez le sens du devoir! Alors, qu’attendez-vous?



Porteur d'espoir 2020

Amélie Drainville

Passionnée de permaculture et d’autonomie alimentaire, Amélie a initié un projet de forêt nourricière dans sa communauté. Elle a assumé le leadership du comité, de la recherche de financement au plan d’aménagement, en passant par la plantation collective et l’élaboration d’une programmation d’activités pédagogiques. En 2019, elle a été co-porte-parole du mouvement La Planète s’invite à l’Université de Sherbrooke, en plus de coordonner des équipes de mobilisation pour la campagne Ultimatum 2020 de Québec solidaire qui porte sur l’urgence climatique. Elle souhaite poursuivre ses études de 2e cycle à l’Université de Sherbrooke pour approfondir le sujet des politiques publiques québécoises en agriculture.

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