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Apprendre à apaiser son système nerveux : une compétence à développer pour faire face à la crise climatique

25 janvier 2022 | Par Isabelle Béliveau
À ne pas manquerCap sur l'action

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La dernière fois, je vous parlais de comment j’ai appris à décoder mes émotions pour m’adapter à la crise climatique. Dans la suite logique, je vous explique aujourd’hui comment j’ai appris à apprivoiser votre système nerveux pour mieux vivre au quotidien et renforcer ma résilience.

Dans un contexte de crise climatique et de changements sociaux sans précédent, il est parfaitement normal de ressentir des émotions difficiles comme la peur, la colère ou la tristesse. Nous sommes submergé.e.s d’informations et d’images nous rappelant que nous traversons une crise et que nos sociétés devront se transformer pour s’adapter aux changements du système planétaire; inondations plus fréquentes, feux de forêts, îlots de chaleur, accroissement des inégalités sociales et difficultés d’accès aux ressources, etc.

Comme nous l’avons vécu avec la pandémie de la COVID-19, une situation d’alarme planétaire peut, chez de nombreuses personnes, générer énormément d’anxiété, car le corps et le cerveau n’étaient pas préparés à des changements aussi drastiques et à gérer de l’incertitude aussi longtemps.

C’est pourquoi, dans le contexte actuel de crise socioécologique, il est selon moi impératif que nous apprenions tous et toutes à apaiser notre système nerveux le plus souvent possible afin d’avoir accès à notre créativité et de développer notre résilience.

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Mieux comprendre son système nerveux pour traverser la crise avec plus de douceur

Notre système nerveux a deux modes : le parasympathique et le sympathique. Dans le mode sympathique, le corps produit du cortisol, l’hormone du stress : le corps est en alerte et n’est concentré que sur la performance pour survivre. Dans le mode parasympathique, le corps est en régénération : des neurotransmetteurs comme la sérotonine et l’ocytocine sont alors libérés afin de réguler l’émotivité et de chercher à consolider des liens sociaux.

Pour faire face à une crise sociale, il faut d’abord savoir faire face à ses propres crises.

Alors comment s’apaiser en temps de crise? Voici quelques suggestions que je mets moi-même en place dans ma vie et que j’enseigne dans le cadre des ateliers et formations d’Éco-motion :

Reconnaître quand on est en mode survie : boule dans le ventre, irritabilité, impatience, impulsivité, tensions et maux de tête. Le fait d’en prendre conscience crée de l’espace pour faire différemment.
Pleurer et évacuer sa colère d’une manière saine : le corps a besoin de relâcher la tension; c’est un moyen adaptatif pour pallier au stress imposé par l’extérieur. Ne soyez pas gêné·e·s de le faire, ouvrez la voie pour normaliser ces émotions nécessaires, particulièrement dans le contexte mondial actuel.
Avoir confiance en vos émotions : si vous les laissez traverser votre corps sans y résister, elles disparaîtront en quelques minutes seulement. Le cerveau n’a pas besoin de beaucoup de temps pour analyser leurs messages. C’est seulement lorsqu’elles se transforment en sentiment, parce qu’elles ont été réprimées, qu’elles modifient le comportement et les perceptions à long terme.
Passer du temps seul·e : prendre du recul face aux situations stressantes est essentiel pour calmer le système nerveux et placer notre cerveau dans la meilleure disposition possible pour trouver une solution.
Passer du temps avec des personnes qui partagent les mêmes préoccupations que vous : que ce soit des membres de votre entourage ou bien des personnes engagées dans leur milieu, le lien social est primordial pour vous soutenir dans cette transition.
Visiter la nature ou amener la nature à soi : les bienfaits de la nature sur l’apaisement du système nerveux sont bien connus; je pense aussi qu’un contact régulier avec des fragments de nature est nécessaire pour se rappeler ce qui est important pour nous et mettre en place des actions pour se rapprocher de nos valeurs.

Si votre système nerveux est toujours en alerte, non seulement vous risquez de vous épuiser, mais vous n’arriverez pas à trouver des solutions innovantes pour vous permettre de vous adapter et vous ne serez pas non plus en mesure d’aider votre entourage à le faire.

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Mais que faire lorsque vous êtes confronté·e à des besoins, des opinions, ou des perceptions divergentes?

Comment en parler avec vos enfants, votre famille, vos ami·e·s et collègues? À Éco-motion, nous abordons très souvent le sujet du sentiment d’impuissance et du sentiment d’efficacité. Pour vous sentir davantage compris·e et pris·e en considération dans vos besoins, ou encore pour vous sentir efficace dans vos actions visant à créer la vision du monde qui vous convient, il est nécessaire de développer certaines compétences.

Voici mes suggestions pour mieux comprendre l’autre et ainsi mobiliser plus efficacement :
Tenter une communication davantage basée sur les besoins : Pourquoi est-ce important pour vous d’agir? Quelle est la source de vos préoccupations? Dans quel monde souhaitez-vous vivre? Partagez ces réflexions avec votre interlocuteur·trice et posez-lui ces mêmes questions pour élargir votre perspective et développer votre empathie.
Prêter attention à la communication non verbale de votre interlocuteur·trice pour comprendre un peu mieux son monde intérieur, et ainsi de vous synchroniser avec lui/elle pour que le dénouement de votre discussion soit satisfaisant.
Nous avons autant besoin de lien à soi et à autrui que d’indépendance et d’actions. Gardez cela en tête lorsque vous interagissez avec quelqu’un et soyez clair sur vos intentions : Souhaitez-vous mobiliser votre énergie et celle de l’autre vers un objectif commun, ou voulez-vous plutôt décharger votre stress et vous connecter à l’autre afin de recharger vos batteries?

Ces compétences psychosociales sont, à mon sens, essentielles pour faire face aux crises sociales et environnementales qui prennent d’assaut nos sociétés. Un autre point primordial sur lequel je tiens à insister pour conclure cette lecture est que vivre des hauts et des bas est tout à fait normal, tout particulièrement en situation de crise. C’est l’impermanence de la vie; et nous en faisons partie.

Dans mon dernier article, je vous propose des piliers pour canaliser l’éco-anxiété au quotidien et des solutions d’accompagnement pour continuer votre parcours d’adaptation dans une communauté qui vous comprend et vous soutient. À découvrir ici!



Lauréate Cap sur l’action 2021

Isabelle Béliveau

Isabelle s’intéresse notamment à la psychologie sociale, aux neurosciences et aux écoémotions et propose une nouvelle façon de parler du climat pour diminuer l’évitement et l’impuissance. Bachelière en Études de l'environnement et militante pour le climat, elle a notamment été coordonnatrice de la CEVES Sherbrooke et a fondé l'organisme à but non lucratif Éco-motion dont la mission est d’accompagner les personnes et les organisations dans le développement de leur résilience face aux changements socioécologiques.

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