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La virée bocal

carottes

Vivre la saisonnalité

22 août 2023 | Par Kim Méthot
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Si l’hiver aride gèle la terre pour ce qui nous semble être une éternité, la douceur du printemps et le soleil de l’été qui s’étendent jusqu’à l’automne – jumelé au dur labeur de nos cher.es agriculteur.trices – font éclore une myriade de fruits, de légumes, de fleurs et de plantes. Cette saison d’abondance, quoique plus courte qu’ailleurs, n’a absolument rien à envier à d’autres; les fruits et légumes disponibles en épicerie ne sont qu’une petite partie de toute la diversité qu’offre notre territoire.

Nos arrière-grands-parents la connaissaient bien, cette diversité, puisque faute de supermarchés remplis de produits importés, ils n’avaient pas d’autre choix que de se nourrir localement. Leur assiette évoluait donc au fil du temps, suivant la saisonnalité des aliments. À quoi ça ressemble, une assiette qui suit les saisons? Prenons par exemple la fève verte : Mariève Savaria, dans son livre La saison des légumes, nous apprends qu’au début de sa récolte vers la fin juin, les fèves sont très tendres et croustillantes. On les servira donc crues dans une salade ou encore simplement en crudité avec une trempette. Plus l’été avance, et plus le plant de fèves nous donnera un légume fibreux et sec, la nature assurant ainsi la reproduction du plan pour la saison suivante. Puisque texture et le goût de la fève évoluent tout au long de la saison, la façon de le cuisiner fait de même : lorsqu’elles sont trop coriaces pour les apprécier crues, on peut faire cuire les fèves à la vapeur ou encore les faire sauter dans un peu d’huile. Lorsque même la vapeur ne suffit plus à les attendrir, on peut les faire bouillir ou encore les ajouter à un bouilli de légumes automnal.

**Pourquoi alors dans les épiceries et les marchés, les fèves sont toujours tendres et croustillantes? Parce que les maraichers replantent toujours de nouvelles pousses afin de récolter les fèves « nouvelles ».

grand-parents

Les avantages environnementaux

Une assiette qui suit les saisons du territoire local, ça permet de découvrir de nouveaux aliments et d’essayer des nouvelles façons de les cuisiner, mais ça aussi des impacts positifs sur l’environnement! Premièrement, manger local favorise les circuits courts; les aliments qui n’ont pas parcourus des milliers de kilomètres pour se rendre jusqu’à nos cuisines ont une empreinte environnementale beaucoup moins grande puisqu’ils n’ont pas généré autant d’émission de GES. De plus, moins de route veut dire moins d’entreposage et de temps de conservation dans des installations réfrigérées souvent couteuses en énergie (Microhabitat).

Les circuits courts permettent de réduire l’emballage des aliments. Puisque les distances à parcourir sont courtes, les risques de les abimer durant le transport ou l’entreposage sont plus faibles. Même si les emballages sont dits recyclables, à l’heure actuelle au Canada ces premiers comptent pour plus de la moitié des déchets plastiques produits et moins de 15% de cette quantité est réellement recyclée (Gouvernement du Canada, 2023). C’est donc une excellente raison de privilégier les aliments non emballés d’ici, qui nous viennent (presque) directement du lieu où ils ont poussé.

déshydratation

Par où commencer? Méthodes de conservation

Comment amorce-t-on un virage vers un mode d’alimentation plus saisonnier? Il faut d’abord savoir que local n’égale pas toujours moins polluant. Par exemple, une tomate du Québec qui a poussé en serre peut finalement avoir nécessité plus d’énergie et de ressources qu’une tomate venue de loin (Mircrohabitat). Donc, la meilleure façon de manger selon la saisonnalité tout en réduisant son empreinte environnementale, c’est de profiter de l’abondance saisonnière pour conserver les produits frais pour les consommer plus tard!

Bien entendu, une tomate conservée dégustée en plein mois de janvier n’aura pas le même goût ni la même texture qu’une tomate bien fraîche du mois d’août, mais on peut quand même l’utiliser dans une multitude de plats (sauce à spag, chili, soupe minestrone etc.) sans même voir la différence. Des champignons déshydratés peuvent être facilement réhydratés dans une soupe ou un sauté, des carottes lacto-fermentées vont donner un je-ne-sais-quoi à un wrap et des bonnes fraises d’ici congelées vous réchaufferont le cœur dans un smoothie en plein hiver.

La virée bocal

Jusqu’au 8 octobre, La virée bocal vous propose une initiation à quatre méthodes de conservation simples, soit la congélation, la mise en conserve, la déshydratation et la lacto-fermentation. Passez voir les agent.es au kiosque de votre IGA pour discuter conservation, avoir des outils et même un avant-goût de la conservation ;)

Si vous avez manqué le kiosque le plus près de chez vous, tous les outils sont disponibles sur le site web de La virée bocal, n’hésitez pas à aller y faire un tour!

lvb

SOURCES :

 



Coordinatrice – Distribution d’articles écologiques

Kim Méthot

Ayant passé ses étés d’enfance en camping dans les forêts du Québec, Kim a rapidement compris l’interconnexion et la fragilité de notre environnement. Elle cherche au quotidien les moyens de réduire son impact sur la planète et espère qu’en montrant l’exemple, d’autres emboiteront le pas. Passionnée de cuisine, Kim rêve un jour d’avoir son grand jardin afin de tendre le plus possible vers l’autonomie alimentaire.

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