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Réduire notre impact environnemental passe aussi par notre garde-robe

27 octobre 2020 | Par Kim Méthot
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Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, la pandémie que nous vivons actuellement a fait en sorte que je magasine beaucoup plus (en ligne bien entendu !). Je suis passée championne dans l’art de me faire des paniers sur plusieurs sites de vêtements bon marché. Je n’achète pas nécessairement à tout coup, mais j’adore me rincer l’œil. Récemment, je me suis questionnée sur l’impact que ma consommation de ces vêtements, dits de fast-fashion, a sur l’environnement. Que se cache-t-il derrière ces pièces toujours moins chères qui viennent de l’autre bout de la planète ?

L’industrie de la mode est une industrie polluante : qu’en est-il concrètement ?

Brossons d’abord un rapide portrait de la situation au niveau de la production et de la consommation de vêtements dans le monde. En 2015, 65 millions de tonnes de vêtements ont été fabriqués, et ce chiffre pourrait atteindre 102 millions en 2030. On calcule qu’environ 64% des vêtements qui pourraient être encore portés sont jetés au lieu d’être envoyés dans un réseau de vêtements de seconde main ou encore au recyclage. Au total, ce sont 37 kilos de vêtements par personne qui sont jetés dans une année au Canada et pour l’Amérique du Nord, c’est 9,5 millions de tonnes de vêtements par année qui sont jetés.

Au niveau de l’impact environnemental, outre le fait que l’industrie du textile génère quelque 1,7 milliards de tonne de Co2 par an, celle-ci est très gourmande en eau douce. En effet, en 2015 déjà, l’industrie du textile engloutissait plus de 79 milliards de mètres cube d’eau. Pour mettre les choses en perspective, cela revient à remplir 32 millions de piscines de taille olympique ! À échelle humaine, il faut 2700 litres d’eau pour produire un seul t-shirt de coton, ce qui représente 900 jours d’eau potable pour la consommation d’un être humain. Quand on pense au nombre de t-shirts qu’on possède individuellement, puis disons à la population totale rien qu’en Occident, ça donne le vertige !

Il faut aussi savoir que la culture des plantes nécessaires à la fabrication de textiles comme la rayonne ou la viscose participe à la déforestation des forêts humides. Fabriquée à partir de pulpe de bois, cette fibre contribue à la destruction de forêts anciennes. Du côté du coton, cette culture se fait avec d’importante quantités de pesticides et le traitement et la teinture des tissus nécessitent plus de 40 000 produits chimiques différents (dont plusieurs sont cancérigènes)… qui vont se retrouver dans l’eau, dans l’air et dans les sols. Tout baigne quoi !

Parlant de pollution de l’eau et des sols, une des conséquences les moins visibles liées aux tissus synthétiques des vêtements concerne les microplastiques. Puisque j’étale plus en détails les conséquences de la pollution plastique dans cet article, je ne le ferai pas ici, mais il est important de mentionner que les fibres synthétiques comme le nylon ou le polyester sont fait à partir de plastique (donc, vous l’aurez deviné, pas biodégradables). Lorsque les vêtements sont lavés, une grande quantité de ces fibres en plastiques se retrouvent dans les eaux usées et finalement dans les océans ; une lessive de cinq kilos de vêtements occasionne le rejet d’environ six millions de microfibres ! Tous ces facteurs réunis (et j’en passe) font de l’industrie du vêtement la deuxième industrie la plus polluante, juste après l’exploitation de l’énergie fossile. Ai-je besoin d’en rajouter pour que vous alliez vider vos paniers virtuels remplis de vêtements fast-fashion ? Rassurez-vous, il existe des solutions pour réduire notre impact écologique tout en étant vêtu.e selon nos goûts et notre style.

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Quelles solutions pour réduire notre impact environnemental en achetant des vêtements ?

On peut d’abord se tourner vers les vêtements seconde main ; il y a des friperies “classiques” comme Renaissance (On vous parlait ici de son fonctionnement fondé sur les dons et au profit de la réinsertion sociale de nombreuses personnes !). Si vous ne vous sentez pas de fouiller parmi des dizaines de rangées de vêtements pour dénicher les perles, sachez qu’il y a plusieurs boutiques à Montréal qui trient les vêtements seconde main avant de les mettre en marché. Cet article de Narcity en fait un petit recensement. Il existe aussi des friperies en ligne qui opèrent via les réseaux sociaux :

La Garde-Robe
Upcycli
Bon magasinage
Friperie Phoenix
Ship Ta Fripe

Bonne nouvelle, on dit qu’en 2013, 57% des milléniaux se disaient prêt.e.s à consommer des vêtements seconde main, et ce chiffre est monté à 72% en 2018 !

Dans le même ordre d’idée, quelque chose que j’adore faire avec mes ami.e.s quand on a envie de rafraîchir notre garde-robe : un échange de vêtements (swap) ! Le principe est simple, on se rassemble chez quelqu’un avec notre sac de vêtements (et un verre de vin hihou), on fait un tas avec tous les vêtements dans le milieu de la pièce et l’hôte présente les vêtements un à un et les intéressé.e.s se manifestent. Donc on se débarrasse des vêtements encore en bon état, mais qu’on aime moins ET on se retrouve avec de nouveaux vêtements GRATUITS ! Faut avouer que c’est dur à battre comme concept quand même…

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Finalement, lorsqu’on a besoin d’une pièce de vêtement en particulier et qu’il est plutôt difficile de la trouver seconde main (allo le magasinage de jeans !), voilà plusieurs marques éthiques et locales vers lesquelles vous tourner :

Pour des basics :
C’est beau
Coeur de loup

Pour des sous-vêtements :
Arako
Addict Design

Pour des vêtements plus funkés :
Message Factory
Meemoza

Bref, ce n’est pas le choix qui manque côté mode québécoise. C’est certain que ça n’est pas pour tous les portefeuilles malheureusement… Il arrive quand même de devoir se tourner vers les grandes chaînes lorsqu’il s’agit d’agrémenter notre garde-robe. Dans ce cas, il peut être plus écolo d’aller vers des matières naturelles comme le coton, surtout s’il est biologique. On peut aussi essayer d’embrasser la « slow fashion » en prenant le plus possible des vêtements plus neutres qui représentent plus notre style que la dernière tendance ; ceux-ci traverseront mieux le temps.

En vous souhaitant une bonne réflexion et un bon magasinage 😊

Ressources :

 



Chargée de projet – Clé en main

Kim Méthot

Ayant passé ses étés d’enfance en camping dans les forêts du Québec, Kim a rapidement compris l’interconnexion et la fragilité de notre environnement. Elle cherche au quotidien les moyens de réduire son impact sur la planète et espère qu’en montrant l’exemple, d’autres emboiteront le pas. Passionnée de cuisine, Kim rêve un jour d’avoir son grand jardin afin de tendre le plus possible vers l’autonomie alimentaire.

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