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La protection des pollinisateurs : à la portée de tous !

5 avril 2020 | Par Sophie Turri
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Abeilles, guêpes, bourdons, coléoptères, papillons ou encore certains oiseaux ont tous quelque chose en commun. Ce sont des petites mains invisibles qui travaillent au transport du pollen d’une plante à l’autre lorsqu’ils butinent, permettant ainsi la fécondation et la fructification de celles-ci.

Bienvenue dans le monde merveilleux des pollinisateurs. 🐝🦋

Les pollinisateurs, essentiels à l’équilibre des écosystèmes

« On estime qu’une bouchée sur trois de ce que nous mangeons provient de la pollinisation et que près de 80 % des plantes à fleurs ont besoin des pollinisateurs pour produire des fruits et des graines ». Une précision du Jardin botanique de Montréal qui me semble importante pour prendre conscience du travail titanesque réalisé discrètement par ces animaux. Pas encore convaincus ? L’Inra et le CNRS ont estimé à 153 milliards d’euros la contribution des pollinisateurs à la production alimentaire mondiale pour l’année 2005. En somme, ils nous permettent de nous nourrir, de nous soigner (certaines plantes sont essentielles dans la production de médicaments) et de préserver des milieux naturels. Encore des chiffres : si l’abeille à miel (un pollinisateur parmi tant d’autres) venait à disparaître, on estime que les productions de pommes et de citrouilles chuteraient de 90% et celles des bleuets de 80%.

Or, au même titre que le reste de la biodiversité, les pollinisateurs sont en déclin.

La bonne nouvelle ? La situation est réversible et il est possible d’agir à notre échelle. Et si on passait à l’action maintenant ? 😉

Cultiver des plantes mellifères

Que ce soit au bord de sa fenêtre, sur son balcon en ville, dans son grand jardin à la campagne ou même directement dans la rue, faites pousser des plantes dites mellifères. Ces plantes sont plus nourrissantes pour les pollinisateurs, car elles sont riches en nectar et en pollen. Les plantes mellifères sont souvent très colorées, elles attirent donc mieux et de plus loin (coucou les tournesols) nos amis butineurs. 🌻🌺 🌸

Comme en alimentation, essayez de privilégier au passage les semences et plantes biologiques du Québec ! Merci à Agrireseau pour cette super liste de plantes mellifères du Québec. Si certaines de ces plantes vous intéressent pour votre pharmacopée personnelle ou pour vos placards de cuisine, pas de problème ! Pensez juste à en garder pour les pollinisateurs en laissant certaines plantes monter en fleurs ou, dans le cas des fleurs, en ne les utilisant pas toutes.
Et là vous vous dites, mais comment je vais pouvoir mettre tout ça dans mon jardin ? Une solution pour certains : on arrête avec le gazon bien propre et bien tondu et on laisse la nature reprendre ses droits ! 🌱

Autre astuce pour la sélection de vos plantes : privilégiez des floraisons tout au long de l’année (certains dès le début du printemps, d’autres plus connues pour fleurir tard en automne…).

Hey ! Un gramme de miel représente environ 8000 fleurs butinées ! Alors, vous attendez quoi ? 😉

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Dire STOP aux pesticides

Selon les Apiculteurs du Québec, environ le tiers des pertes de ruches seraient directement attribuables aux insecticides. Depuis leur apparition, en 1995, le taux de mortalité des abeilles est passé de 5% à 30%. Faire l’apprenti sorcier est bien souvent dangereux. Respecter les cycles de la nature nécessite souvent de s’armer de patience et de déployer davantage d’efforts, mais pour de bonnes raisons. La nature a besoin de temps. Problèmes de ravageurs ? De nombreuses méthodes (notamment celles utilisées en permaculture) permettent d’agir avec des solutions naturelles pour combattre ces fléaux de jardin. 🌿

Alors pour nos pollinisateurs, pour notre environnement (et pour notre santé ?), on arrête d’utiliser des pesticides ! 🙅🏼 Et comme dit plus haut, on favorise le biologique !

Restaurer leurs habitats

Zones en friches, jardins et champs sont tout autant de lieux susceptibles de subir les assauts de la bétonisation et des pesticides. Il est donc important de conserver les habitats existants, mais aussi d’en créer de nouveaux. Votre balcon, mise à part une table et des chaise, est vide ? C’est le moment de créer un petit paradis pour les pollinisateurs. C’est certain, en voyant ça, vos voisins suivront le pas ! 😍

Encourager son travail, son école, sa municipalité à passer à l’action

Mais une fois que mon balcon est fleuri et que j’ai pu témoigner du retour de ces bibites utiles, que puis-je faire de plus ? L’échelle individuelle, c’est très bien, mais la compléter avec des actions collectives, c’est encore mieux ! 🙌

Terrains vagues municipaux, parkings, bords de champs ou bords de route, autant d’endroits propices pour laisser pousser et planter. Prenez contact avec votre entreprise, votre école ou encore votre municipalité pour leur présenter la problématique. Et pourquoi pas monter un collectif citoyen sur le sujet ?

Des personnes se montrent sceptiques ? Parlez-leur de la ville de Guelph en Ontario. En collaboration avec l’Université de Guelph, elle travaille à la création du « parc des pollinisateurs », un site d’enfouissement de 40 hectares converti en un habitat urbain adapté à tous les cycles de vie des insectes pollinisateurs et pouvant accueillir des activités éducatives et récréatives.
Ça fait du bien au moral non ? 🤩

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Continuer de s’informer

Il existe de nombreuses ressources sur internet pour aller plus loin dans sa connaissance des pollinisateurs et de leur protection. Et c’est un sujet qu’il est important d’approfondir. 📚

Par exemple, après la lecture de cet article, tu te dis peut-être « et si je mettais des ruches sur mon toit pour aider la cause ! 🤔». Et bien, cela pourrait se révéler contre-productif. En effet, on ne s’improvise pas apiculteur du jour au lendemain. 🤷‍♂️
Qui plus est, suivre des organismes spécialisés sur la question permet de prendre conscience qu’ajouter des ruches partout, sans vision plus globale, peut devenir problématique : une concentration trop importante de ruches dans un milieu urbain peut mener à une compétition sur les ressources et donc un affamement des populations d’abeilles.

Je terminerai donc en vous invitant à suivre Miel Montréal sur les réseaux sociaux et leur site pour en apprendre davantage sur le sujet. ✨

SOURCES

Miel Montréal

Des pollinisateurs, Espace pour la vie

Le déclin des pollinisateurs menace l’agriculture mondiale, Futura Planète

Le péril des abeilles, Radio Canada

Les insectes pollinisateurs indigènes et l’agriculture au Canada, Agriréseau



Stratège numérique

Sophie Turri

Convaincue de l’importance de la mobilisation citoyenne et de la sensibilisation, Sophie est très engagée dans les actions locales de sa ville. Le reste du temps, vous la trouverez en train de débattre, ou le nez dans un livre (pour préparer ses prochains arguments !). Montréalaise de cœur, elle aime déambuler dans les rues et dénicher de nouveaux restaurants ou cafés cozy.

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