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Gestion des matières résiduelles

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R pour recyclage: réflexions et actions autour du bac

3 avril 2020 | Par Kim Méthot
Gestion des matières résiduellesTrucs et astuces

Lorsque vient le temps de poser des actions qui visent à améliorer notre bilan environnemental, on ne peut pas passer à côté des « 3 R vertueux ». Réduire, réutiliser et recycler sont en quelque sorte le moteur de la transition à l’échelle individuelle. On les place dans cet ordre parce qu’on ne le répètera jamais assez, réduire à la source est le geste le plus important.

Il arrive cependant encore (trop) souvent qu’on ne puisse pas réduire ni réutiliser un produit en plastique à usage unique. Notre réflexe est alors de le mettre dans le bac à recyclage en prenant pour acquis qu’il sera forcément recyclé. Mais qu’en est-il vraiment de tous ces objets qu’on récupère ?

La crise du recyclage, c’est quoi ?

Peut-être que quelques-uns (ou la plupart) d’entre vous en avez entendu parler : nous faisons face à une crise du recyclage. Effectivement, en 2018 la Chine, qui était le principal importateur des matières résiduelles canadiennes, a fermé ses portes pour des raisons écologiques à plus de 24 catégories de déchets plastiques, papiers et textiles. Cela laisse le Québec avec plus de 340 000 tonnes de matières résiduelles de plus par année, soit environ le tiers du total qui doit être géré par la province. Ceci pose problème puisque d’une part, nos centres de tri ne sont ni assez nombreux, ni assez équipés pour gérer efficacement un si grand surplus et d’autre part, la qualité des matières résiduelles envoyées vers la Chine était moindre, donc plus difficile à revendre ici. Il faut aussi savoir que les matières résiduelles, les plastiques surtout, ne peuvent pas être entreposées trop longtemps au soleil parce qu’elles s’altèrent et ne sont rapidement plus recyclables.

Je vous entends d’ici :« mais il s’agit d’un problème structurel qui doit être adressé par les différents paliers de gouvernance ! ». Pour ce qui est de la gestion des centres de tri et de leur logistique, vous avez entièrement raison. À cet effet, en plus d’élargir le programme de la consigne à la plupart des contenants en verre, le gouvernement québécois a annoncé en début d’année 2020 une réforme du système de collecte sélective qui promet d’augmenter la responsabilité des entreprises qui mettent en marché les contenants, emballages et produits imprimés. On ne parle donc pas seulement pour les entreprises de verser une compensation financière aux municipalités comme c’est le cas actuellement, mais bien une implication directe dans la gestion des opérations tout le long du cycle de vie de leurs produits. On prévoit aussi d’augmenter le nombre de filières de récupération dans la province. La mise en place de cette réforme est prévue entre 2022 et 2025, on suit donc ça de très près !

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Je peux agir à l’échelle individuelle ?

D’ici là, on peut agir au niveau individuel en ce qui concerne la quantité et la qualité des matières récupérées (items mis dans les bacs par les citoyens et citoyennes). On se pose souvent la question « ça se recycle-tu, ça ? » et plus souvent qu’autrement, dans le doute on a le réflexe de mettre l’item au bac en se disant « ils dealeront avec au centre de tri »… Selon des employés des centres de tri, on retrouve beaucoup de matières indésirables dont des tapis, des bonbonnes de propane, des pneus, des oreillers, des patins ou encore un grille-pain (why ?). Ces matières embourbent les équipements et parfois même les brisent, et au final, c’est plus de 23 millions de dollars qui sont dépensés au Québec pour gérer les indésirables des centres de tri.

Alors qu’est-ce qu’on PEUT mettre dans le bac ? Alaclair Ensemble nous l’ont dit : métal, verre, plastique, carton, papier, that’s it. Mais pour chacune de ces catégories, des précisions s’appliquent ; le papier imbibé de gras, le papier ciré, les objets multicouches, les objets en verre autres que des contenants et les contenants aérosols. Plus encore, les matières acceptées dépendent des différents centres de tri, un objet peut être accepté dans une municipalité équipée pour recevoir ces matières, mais pas dans la municipalité voisine. Pour connaitre ce qui est accepté à votre centre de tri, consultez le site ou l’application mobile de Recyc-Québec, Ça Va Où ? qui est doté d’un moteur de recherche par produit très efficace !

Mon outil : l’inventaire du plastique à usage unique

Comme je le mentionnais au début, le geste primordial est la réduction ; le recyclage n’est pas la solution miracle pour faire disparaitre toutes nos matières résiduelles. Nous devons enclencher une réflexion profonde sur notre relation au tout jetable et à la valeur qu’on donne à ces objets qui sont coûteux en ressources et en énergie à produire. Pour souligner l’arrivée du printemps (et du Jour de la Terre ?), on vous propose donc une petite réflexion sous la forme d’un inventaire du plastique à usage unique dans vos armoires et dans votre frigo. Vous êtes ensuite invités à inscrire une nouvelle utilité aux items recensés et/ou de vérifier sur le site de Recyc-Québec (voir plus haut) si ces items sont recyclables dans votre municipalité. Finalement, une dernière colonne propose de trouver une alternative zéro-déchet à ces items.

C’est aussi l’occasion de rappeler que les inscriptions pour les trousses écologiques visant à réduire l’utilisation de plastique à usage unique du Fonds Eco IGA sont ouvertes ! Pour s’inscrire, c’est ici !

Bon printemps, et bonne réflexion !

Sources

Le conditionnement et le recyclage des matières recyclables, Recyc-Québec
La récupération envoyée au recyclage, Jeanne Corriveau, Alexandre Shields, Marco Bélair-Cirino, Le Devoir
Le recyclage au bord de la crise, Alexandre Shields, Le Devoir
Déchets : la Chine ferme sa poubelle, panique dans les pays riches, Julien Girault, La Presse
Qu’est-ce qui va dans le bac ? Recyc-Québec
Récupérer plus et recycler mieux : Québec annonce une réforme du système de collecte sélective et injecte 30,5 M$ pour soutenir cette modernisation, Recyc-Québec
De plus en plus de déchets au recyclage, Jean-Sébastien Cloutier, Radio-Canada



Chargée de projet – Clé en main

Kim Méthot

Ayant passé ses étés d’enfance en camping dans les forêts du Québec, Kim a rapidement compris l’interconnexion et la fragilité de notre environnement. Elle cherche au quotidien les moyens de réduire son impact sur la planète et espère qu’en montrant l’exemple, d’autres emboiteront le pas. Passionnée de cuisine, Kim rêve un jour d’avoir son grand jardin afin de tendre le plus possible vers l’autonomie alimentaire.

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