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Une forêt pour se nourrir … d’avenir!

23 février 2021 | Par Amélie Drainville
À ne pas manquerPorteur d'espoir

L’année 2020 a été particulière. On avait tous besoin de lueurs d’espoir, mais il n’était pas facile de le porter, séparés par la distance de nos écrans. Nous étions solidaires par nos esprits, mais nos corps tenus éloignés ont trouvé le temps long, confinés à s’inquiéter d’un avenir incertain, anxiogène. On vivait déjà les impacts des changements climatiques, de l’effondrement de la biodiversité, mais la crise est venue nous les étamper ben comm’ faut dans la face. Car on sait que ce n’est que le début d’une série de catastrophes, et qu’il est plus que temps de mettre les barques à l’eau avant que le Titanic ne se retrouve au fond, rescapant les passagers de première classe et laissant les autres derrière.

Disons que 2020 m’a coupé l’inspiration. C’est pour cette raison que votre Porteuse d’espoir 2020 ne vous écrit pour la première fois… qu’en février 2021!

Heureusement, j’ai la chance de connaître des gens fantastiques que rien ni personne ne peut abattre. Ils se lèvent tous les jours pour bâtir un monde différent, enthousiasmant, juste. Du ben beau monde qui en prépare un tout aussi beau. Je vais d’ailleurs illustrer mon propos en parlant d’une initiative que je connais bien, puisqu’elle se passe chez nous, à l’Île Dupas. En y repensant bien, ça vient améliorer mon bilan de l’année 2020.

Revenons un peu en arrière. En 2018, le Comité environnement de l’Île Dupas était tout feu tout flamme. On avait de l’énergie! On voyait grand! Et comme de raison, il y avait beaucoup à faire, beaucoup de possibilités. Je connaissais peu la permaculture et vaguement le concept de forêt nourricière. Mais je trouvais ça franchement intrigant et intelligent comme manière de produire de la nourriture.

De fil en aiguille, et de manière assez précipitée, on a monté un projet, trouvé des subventions, réuni des partenaires d’exception… Paysage gourmand, une entreprise qui se démarque dans notre belle région lanaudoise, nous a fait faire nos premières découvertes sur les aménagements paysagers comestibles et la vision permaculturelle en réalisant des plans d’aménagement de ce qui est aujourd’hui la forêt nourricière de l’Île Dupas.

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Mais c’est quoi une forêt nourricière? Ça mérite qu’on s’y arrête un peu avant de continuer l’histoire.

C’est une stratégie de jardinage utilisée en permaculture qui s’inspire de l’écosystème forestier pour générer une grande quantité de nourriture, que ce soit des fruits, des petits fruits, des noix, des champignons, des légumes et des plantes aromatiques ou médicinales. Comme dans la nature, une forêt nourricière comporte plusieurs strates de végétation, un étagement, qui va de la strate arbustive à la strate des couvre-sols, en passant par les plantes grimpantes et les arbustes. Les forêts nourricières sont essentiellement composées de plantes vivaces ou qui se ressèment d’elles-mêmes. Elles procurent bien entendu une abondance de nourriture saine et écologique, mais aussi des services environnementaux tels que la protection de la biodiversité et la filtration de l’air et de l’eau, en plus d’être un aménagement d’une grande beauté.

Et la permaculture? C’est un concept très vaste, qui désigne autant un système de valeurs, une vision du monde, qu’un coffre à outils rempli de techniques et de stratégies inspirées de la nature pour concevoir des écosystèmes où l’humain vit en harmonie avec le territoire et l’ensemble du vivant.

En octobre et novembre 2019, on a réalisé nos deux premières étapes de plantation. La première activité a été tout simplement magique! Au meilleur de la journée, nous étions plus de 50 bénévoles à s’activer pour détourber, décompacter, planter… c’était beau!

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Et 2020 a failli nous avoir. La pandémie a bousculé nos plans comme tout le monde. Mais malgré cette importante crise que nous vivions, nos subventions ne bénéficieraient pas d’une prolongation. Il fallait se retrousser les manches. Les accalmies dans la propagation du virus ont permis de reprendre des activités d’entretien et de préparation du terrain pour les plantations que l’on planifiait pour octobre 2020.

Bien entendu, la mobilisation citoyenne était moins au rendez-vous cette année. L’organisation des activités a été complexifiée: on ne pouvait parfois savoir que la veille si notre évènement du lendemain respecterait les consignes sanitaires et aurait lieu! On a dû utiliser une partie de nos sous pour confier la préparation du terrain aux employé.e.s de Paysage gourmand, car finaliser l’ensemble de la plantation en deux jours en pleine pandémie – qui jouait beaucoup sur notre nombre de bénévoles – relevait du tour de force! J’ai passé quelques belles soirées avec mon père, après le travail et les études, devant le coucher de soleil, à aller décompacter le sol pour qu’il soit bien prêt pour le jour J. Finalement, le calendrier a été bousculé par la pandémie et il a fallu beaucoup d’engagement et d’efforts soutenus de nos bénévoles, mais nous y sommes parvenus. Et le résultat est magnifique. Imaginez quand on en récoltera (littéralement) les fruits! Un immense merci à tout.e.s les bénévoles qui sont venu.e.s nous donner un coup de main!

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Maintenant, nous sommes à planifier une intéressante programmation pédagogique et à préparer l’installation de nos affiches explicatives qui permettront aux visiteur.euse.s de bien comprendre les concepts et les cueillettes à leur disposition.

On a beaucoup perdu en 2020, notamment du lien social, mais comme le dit si bien Fred Pellerin, il va se rebâtir la confiance en 2021. Et j’espère vivement qu’on a gagné de cette année mouvementée une grande prise de conscience collective sur la décadence de nos modes de vie, notre relation quasi inexistante avec la nature, notre besoin essentiel de s’y reconnecter et de changer pour en préserver le beau qu’il en reste. Patrice Michaud a raison: on a un grand besoin de niveler par le beau.

D’ailleurs, pour voir du beau, venez faire un tour à l’Île Dupas quand vous en aurez l’occasion. Vous serez ravi.e.s par la beauté de notre forêt nourricière et par le paysage époustouflant qui l’entoure.

Pour suivre l’évolution du projet sur Facebook: https://www.facebook.com/mun.iledupas

Notre programme Porteur · se d’espoir récompense une personne âgée entre 14 et 30 ans pour ses précieux efforts et réalisations en lien avec l’environnement grâce à une bourse de 2 000$. Pour en savoir plus, cliquez ici.



Porteur d'espoir 2020

Amélie Drainville

Passionnée de permaculture et d’autonomie alimentaire, Amélie a initié un projet de forêt nourricière dans sa communauté. Elle a assumé le leadership du comité, de la recherche de financement au plan d’aménagement, en passant par la plantation collective et l’élaboration d’une programmation d’activités pédagogiques. En 2019, elle a été co-porte-parole du mouvement La Planète s’invite à l’Université de Sherbrooke, en plus de coordonner des équipes de mobilisation pour la campagne Ultimatum 2020 de Québec solidaire qui porte sur l’urgence climatique. Elle souhaite poursuivre ses études de 2e cycle à l’Université de Sherbrooke pour approfondir le sujet des politiques publiques québécoises en agriculture.

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